XIV) - Un palais Bourdillon en Italie

Le mariage de Pierre-Elie Bourdillon à Gênes

 

Il existe un palais Bourdillon à Massa en Italie du nom d'un Monsieur Giovanni Bourdillon (XIXème siècle).

Nous ne savons peu de chose de Giovanni Bourdilon si ce n'est qu'il a hérité de biens importants de la famille Perazzo de Gênes (biens de son oncle Avv B. Perrazzo). Il meurt le 30 décembre 1878 en léguant à l'hôpital tous ses biens des communes de Massa, Carrara et Avanza (Notaire Antonio Biraghi siégeant 4 rue  Bigli à Milan - 4 janvier 1879).

 Dans le legs, il y a un palais du XVIème siècle, place Mercurio : palais des comtes Stafetti, ensuite devenu propriété de la famille Perazzo de Gênes. Ce palais était composé d'appartements d'habitation et de magasins donnant place Mercurio et rue Alberica. L'hôpital ne pouvant rien en faire décide alors de le vendre à la commune de Massa.

Il existe une plaque commémorative de remerciements à Giovanni Bourdillon au sein de l'Hôpital Ss Giacomo e Christoforo de Massa (ci- dessous) :

 

Giovanni Bourdillon
originaires de Gênes
mort à Milan le 30 décembre 1878
donne à cet hôpital
avec testament du 6 avril 1870
les biens de l'oncle Avv. B. Perazzo hérités dans les communes 
de Massa et Carrara.

 

Les oeuvres de charité
honorent et perpétuent la mémoire
du généreux donateur
le 20 janvier 1879
par ce monument

 

 

Giovanni Bourdillon plaque commémorative 
de l'hôpital Ss Giacomo e Christoforo de Massa 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe dans les archives d'Etat des documents relatifs aux legs de Giovanni Bourdillon aux oeuvres de Charité de Massa :

    - ASMS, fondo Congregazione di Carita. Informations relatives à la célébration en faveur du bienfaiteur Bourdillon et des éléments relatifs à la succession en particulier il certificato di denunciata successione dell'Ufficio del registro delle successioni in Milano, con l'elenco delle propriéta (b. 22, fasc 55)

    - ASMS, Archivio dei Notai di Massa, en particulier l'inventaire du legs du 24 février 1879 par le notaire Ultimio Carlo Pieroni de Massa (Vol. 23, N°139.

Des recherches complémentaires pourraient être envisagées aux archives de la préfecture du royaume d'Italie, et auprès de l'administration générale provinciale de Ss Giacomo e Christoforo de Massa

 

Les liens avec la famille Bourdillon sont établis. Pierre-Elie (1775-?), fils de Jean-Léonard Bourdillon (1743-1819) et petit fils de Jaques dit l'aîné (1665-1772) épouse avec l'approbation de sa famille genevoise Pauline Perazzo, fille de feu Giovanni Perazzo. Naquit à Gênes un premier fils : Jean-Léonard II né en 1801.  Léonard (1725-1798), l'historien de la famille, le qualifiera de 147ème citoyen de la famille. Il est probable qu'il s'agisse de Giovanni ou de son frère. 

Léonard Bourdillon (1725-1802) dans son histoire de la famille Bourdillon relate le mariage de Pierre-Elie, la naissance d'une fille et de Jean-Léonard II :

"18 janvier 1797
Mon neveu Pierre-Elie Bourdillon, alors âgé de 54 ans, fils aîné de mon frère cadet et filleul, Jean-Léonard, le magistrat de police, partit pour se rendre dans la maison Bouillon, Bazin et Cie à Gênes, en compagnie du jeune Bonnet Mirabaud et de Pasteur, de Livourne. C'est lui qui ressemble à Bonaparte, sous lequel il a servi deux ans et a reçu une petite éclaboussure d'une bombe à la jambe.
Étant dans mes 72ème hiver, et atteint d'un rhume universel, ma seule maladie ordinaire qui m'avait retenu dans la chambre depuis six jours, j'eus vers le soir une attaque de paralysie qui me priva de l'usage de la parole pendant quelques minutes, accompagnée de quelques mouvements involontaires., dont je fus rétabli par le moyen de l'eau de Carmes que j'avalais toute pure dans une grande cuillère à café.

1er novembre 1797
Mon neveu Pierre-Elie Bourdillon, (fils de Jean-Léonard Bourdillon) qui était venu faire un tour à Genève, s'est associé à Gênes, avec le fils Bonnet Mirabaud, sous la raison sociale de Bonnet et Bourdillon et sous la protection de Pommier, ci-devant associé de Ricard et Bramerel, qui leur remttra la suite de ses affaires au printemps prochain. Mon filleul travaille avec eux.

20 décembre 1797
Bouillon chez qui mon neveu Pierre-Elie Bourdillon était entré à Gênes avant que de former une société, ce Bouillon a été créé administrateur par la nation française et chargé d'aller prendre possession d'une terre située près de Mesola en Italie de 44 000 toises de circonférence dans la région de Venise dont un tiers est baugné par la mer Adriatique et les deux autres tiers par le Pô, terre que l'Empereur avait volé au Pape. Il est parti avec 400 hommes pour aller prendre possession du château qui est à trois tours, et il a pris dans sa voitrure mon neveu et filleul Léonard Bourdillon. Le voilà dans une bonne passe et il s'agit de s'y maintenir  et de s'avancer. C'est ce qu'il nous écrit de ferrar en disnat qu'il n'abuse pas, mais qu'il ne perdra pas de vue les instructions que je lui ai données de vive voix et par écrit. Il m'informe qu'il a auprès de l'administration le titre de Chancelier et que son sceau est apposé à tous les actes de conséquence qui sont exhibés.

2 mars 1799
Pierre-Elie, fils de Jean-Léonard Bourdillon Delisle, mon frère cadet et filleul, épousa à Gênes, avec notre approbation, Pauline, fille de feu Giovanni Perazzo. C'est une alliance qui nous fait honneur. Il y a dans cette famille deux fils dont l'un est membre de la Cour des hauts jurés et le cadet avocat, et trois filles dont l'une est mariée à Burlasco, noble campagnard.
Par le contrat, auquel assista mon ami l'avocat Vieussieux, l'épouse recevra dans six mois, trente mille francs de dot avec intérêt. En attendant le capital est hypothéqué sur tous les biens. Mon neveu obtient une entière autorité sur l'éducation de ses enfants des deux sexes, et se réserve de les élever dans sa religion. Quoique l'épouse ne soit âgée que de vingt ans, ayant été élevée à la genevoise, c'est elle qui est gérante dans la maison, en sorte que voilà mon neveu qui, au fond de l'Italie, se trouve au sein de sa famille soit en ville, soit en campagne.
Ils ont un oncle paternel qui a fait beaucoup de bruit en Suède et principalement à Varsovie où il était fort aimé du Roi qui l'a anobli. Il s'est retiré du monde et vit tranquille à dix lieues de la capitale. Je lui écrivis ainsi qu'à son épouse, de laquelle je reçus une réponse des plus intéressantes.

 Mai 1800
Naquit à Gênes une fille à mon neveu Perazzo-Bourdillon (fils de Jean-Léonard 1743-1819). La ville était canonnée par les autrichiens et bombardé par les anglais, en sorte qu'elle vint au monde au travers des bombes et des boulets, car plusieurs de ceux-ci tombés sur la maison voisine, ce qui n'empêche point la mère d'allaiter son enfant. C'est une femme de caractère qui a plus de courage que deux genevoises, qui avortèrent de frayeur aux éclats des bombes et aux ravages des boulets. C'étaient la femme de Pommier et celle de Tollot.

7 décembre 1801
Naquit à Gênes, un fils à Pierre-Elie Bourdillon-Perazzo : Jean-Léonard II se trouve ainsi être le 147 ème citoyen de la famille.
Je répondis à mon neveu et je terminai mon épître pour lui dire qu'autrefois Gênes et Genève étaient sœurs. Aujourd'hui voilà un Bourdillon citoyen de l'une et l'autre cité. Que faut-il augurer. Ce que j'ai jamais abandonné. Je vis voir à mon notre ami Vieusseux, que j'avais un avocat à Paris auprès de Bonaparte. Tout français qu'il est, Bruguère prit généreusement notre cause en main et par mon entremise je fis dire au premier consul, que jamais nous n'avons voulu vendre notre liberté, ni trahir nos serments. De ton coté, établis cette grande vérité auprès des députés que vous enverrez à Amiens et dans toutes les autres occasions. Gênes est libre, il faut que Genève le soit aussi. C'est un combat à mort dont il faut sortir vainqueur et ton fils sera plus heureux que nous".

 

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