Isaac Bourdillon

(1758-1820)

 

Isaac, fils de Léonard, est un des fondateurs de la banque Ferrier.

" Il a joué un rôle important dans la révolution genevoise. Il fit partit en décembre 1792 du comité des 40 qui dirigeait les Egaliseurs en lutte avec le gouvernement aristocratique. Il sortit de l’assemblée nationale après deux mois seulement d’exercice et lorsqu’on rétablit un gouvernement régulier au commencement de 1794, il ne voulut accepter aucune charge. Pendant l’insurrection de 1794, il fit partie successivement du Premier tribunal révolutionnaire, de la Commission révolutionnaire du second tribunal, de la Commission nationale et de la Commission liquidatrice. On l’a accusé d’avoir préparé l’insurrection, mais il s’en est toujours défendu. En tout cas, il en devient un des chefs les plus actifs. Il semble avoir eu une grande part aux mesures financières. A lire de Bourdillon : Mémoire sur une contribution extraordinaire et sur l’établissement d’un mont de Piété., présenté au club fraternel des révolutionnaires de la Montagne de Genève, janvier 1794 : Défense apologétique du citoyen Isaac Bourdillon-Diedey.

Extrait du dictionnaire historique et géographique de Suisse Neuchâtel 1924.

En 1820, Genève fait partie de la confédération helvétique et a une nouvelle constitution. Isaac dans son testament récuse les accusations portées contre lui :

" C’est pourquoi je déclare en présence de Dieu tout Puissant que l’accusation portée contre moi, tant verbalement que par écrit, me signalant comme provocateur de l’insurrection du 19 juillet 1794 est absolument fausse et calomnieuse. Je n’ai été membre d’aucun comité organisateur d’insurrection et dans la réunion plénière dont alors je faisais partie, jamais il n’y a été proposé ou délibéré rien qui put tendre directement ou indirectement à faire insurger le peuple. Si cette fatale journée n’est pas le produit d’un mouvement spontané de club et qu’elle eut de conducteurs invisibles, je souhaite que Dieu leur fasse grâce !


Quant à moi, si je me suis jeté au milieu des insurgés, si j’ai cherché à organiser ce qu’il n’était pas en mon pouvoir d’empêcher, si j’ai accepté de terribles fonctions, si je me suis placé à coté d’hommes avec lesquels je n’avais aucun rapport quelconque, ce fut par un dévouement inouï, uniquement dans le but de prévenir de plus grands malheurs, d’arrêter les mouvements tumultueux d’une multitude égarée agissant sans boussole comme sans frein et de rétablir un désordre quelconque au milieu d’un désordre dont on pouvait calculer les résultats et lorsque de grands malheurs ont eu lieu, à côté des souffrances intérieures que j’ai éprouvé, dont on ne peut se faire de faibles représentations, je n’avais eu d’autre consolation que lorsque je pouvais contribuer à sauver des individus et à atténuer cette malheureuse disposition à imiter les excès d’un peuple voisin (.../...).

J’invite ceux qui ont détaché une phrase d’une de mes brochures intitulée Mémoire sur une contribution extraordinaire et sur l’établissement d’un mont de Piété - Samedi 25 janvier 1794 et qui ont colporté cette phrase isolée pour avoir le droit de la rendre odieuse, de se donner la peine de lire cet opuscule en entier (.../...)".
Testament olographe de M. Isaac Bourdillon décédé à Genève le 18 décembre 1820

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